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L’expression «design graphique» contient l’adjectif «graphique», facile à comprendre : il s’agit ici de graphisme, d’industrie graphique et de tout ce qui s’y rapporte. Le domaine du graphisme englobe toutes les techniques de visualisation ayant pour fonction de transcrire un message en signes ou en images à travers un média ou un moyen de communication. Le graphiste met en scène la matière même de la communication graphique : le signe typographique, le support, la surface, la couleur, l'image, l'information.
Par contre, le mot «design», hérité du vocabulaire anglo-saxon, est quant à lui généralement perçu de manière confuse par les néophytes, et ne bénéficie d’aucune traduction littérale. «Design» pourrait néanmoins être traduit par «conception». Le design est souvent associé à un domaine : design numérique, webdesign, design industriel, design sonore, design environnemental, etc. Cependant, le design dans sa globalité est plus important que n’importe quel domaine isolé auquel il se rapporte : le design est une façon de penser. C’est aussi une façon de se situer, d’explorer un problème objectif, et de déterminer des approches pour concevoir et évaluer des solutions ingénieuses et adaptées à ce problème. Le designer établit donc des méthodes et des processus pour communiquer des solutions et les mettre en application. Ainsi, parler de «design graphique» au lieu de «graphisme» induit cette notion de méthodologie de conceptualisation qui, pour fonctionner, doit s’alimenter à d’autres sources : les arts, la pensée contemporaine, les langages scientifiques ou liés à certaines technologies (notamment numériques), sans évidemment oublier tout ce qui a trait plus directement aux systèmes de communication et de visualisation de l’information. Dans le champ de la communication visuelle, le designer graphique serait donc une sorte d’ingénieur de l’image, capable de prendre en charge ses aspects techniques et artistiques, se posant des questions de sens et de structure (métaphore, symbole, concept, code, signe, hiérarchie de l’information, traitement de données complexes...) et manipulant notamment la typographie, la couleur, l’image, le rapport entre le texte et l’image, la mise en page ou en écran, les supports, les matériaux, les réseaux, les données...
La capacité du designer graphique à imaginer des solutions créatives ou novatrices dépendra de sa curiosité et de la qualité de son information : avant-gardes artistiques et technologiques, références culturelles, évolution des réseaux de communication et de leurs supports respectifs (livre, affiche, presse, télévision, espace public, internet/intranet, communautés en ligne, applications interactives, logiciels, etc). Pour évaluer avec justesse les enjeux de son travail, le designer graphique doit également prendre en compte certains facteurs importants, et cependant externes au domaine du graphisme proprement dit : ressources humaines, développement durable, contexte socio-économique ... À ce titre, et sans pour autant en galvauder le sens initial, on peut avancer l'idée que l'écologie (l'étude des interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu) est un angle de réflexion et d'action propice aux designers. S'agissant d'imaginer des solutions adaptées, issues d'une analyse correcte et d'une conscience du milieu, une approche écologique du design serait celle qui envisage les médias comme un environnement. On peut citer ici l'influence des théories de Marshall Mc Luhan ou de Harold Innis, initiateurs d'une "écologie des médias". Dans un contexte dominé par des problèmes de surproduction (objets, documents, informations), la lutte contre les déchets s'applique autant aux imprimés qu'aux problèmes d'archivage des informations numériques.
propose un intéressant document (PDF): son cours, intitulé "Initiation à l’image de communication" : |
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