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Les documents interdits

L’autorité de documents présentés comme authentiques.

Documents interdits

LES DOCUMENTS INTERDITS : UNE DÉMONSTRATION.

Jean-Teddy Filippe : Les Documents Interdits (Épisode 4 : Les plongeurs) 4’23, 1989.
“Une indiscrétion d’ambassade lève le voile sur une terrifiante réalité.“

Réalisé à partir de found footages montés en 13 épisodes, l’extraordinaire film “Les Documents Interdits“ (1989) de Jean-Teddy Filippe met en évidence le pouvoir d’un commentaire en voix-off, donnant une étonnante densité à des images certes authentiques, mais détournées de leur contexte initial.

Filmées avec une certaine désinvolture, les images tremblantes du chapitre “Les plongeurs“ décrivent une banale expédition de plongée sous-marine, se transformant toutefois – grâce à la parfaite intégration d’un commentaire fictif – en une révélation de la plus haute importance, dans un contexte d’espionnage international. Le statut historique attribué à ces documents se révèle dès lors totalement crédible. Résultat : un tour de passe-passe médiatique d’une force époustouflante.

Voir “Les plongeurs“, extrait du film “Les documents interdits“ sur l’espace Vimeo de Jean Teddy Fillipe.
L’article Wikipédia consacré au film de Jean Teddy Fillipe.
La retranscription du commentaire de cet épisode.

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VRAIS FAUX.

Les mentions “tiré de faits réels“ ou “réalisé à partir d’une histoire vraie“ peuvent également aider à contraindre la perception d’une histoire ou à “certifier“ l’authenticité un document. Par ailleurs, un canal officiel (journal télévisé, etc) présuppose la validité des informations diffusées. Ce qui n’empêche pas certaines coquilles (voir sur multimedialab.be ce cas très drôle : “Je disciplinerai par le feu le gâteau américain mentalement dérangé“), ou plus généralement des intentions malveillantes (voir l’article “Trois fausses informations récentes qui ont influencé l’opinion“ sur lemonde.fr).

D’autre part, les qualités graphiques d’une image − c’est à dire leur capacité à être perçues comme crédibles, compte tenu d’un contexte supposé − contraignent également notre perception. Il peut s’agir d’un grain, d’une texture ou d’un style spécifique (voire d’une manière de filmer si il s’agit d’un tournage), en rapport − par exemple − avec une époque ou un domaine particulier.

Deux exemples (très différents) :

L’impeccable film “The Girl Chewing Gum“ (1976) de l’artiste anglais John Smith, simulant une direction d’acteurs ajoutée a posteriori sur de banales images tournées dans une rue animée de Londres..

Voir ici (dans la documentation de mes cours) : une collection d’image sur le thème “Rétro-futur” exprimant un contenu actuel à l’aide d’un design graphique obsolète dans sa forme. Le résultat tient du paradoxe : la typographie et le visuel (illustration, photo, traitement graphique, mise en page) font graphiquement référence au passé, tandis que l’intention de la communication traite du présent et du futur proche.

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Mots-clé : found footage, autorité, voix-off, commentaire, traduction, mystification, document, révélation, narration, vrai, faux, réinterprétation, réappropriation, manipulation, vérités alternatives, détournement,

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Cours ‘Arts numériques – Atelier’
Pôle Art, Erg (École de Recherche Graphique) 2017-2018.
Professeur : Marc Wathieu.

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